La Réunion, l’île aux Divines Idylles

Notre petit bout de France, terre volcanique de l’Océan Indien, est connu pour la beauté et la diversité de ses paysages, dont les pitons et remparts sont classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2010. Mais l’île d’à peine 2 500 km2 où vivent un peu plus de 800 000 personnes est aussi, peut-être surtout, un fabuleux observatoire de mixité ethnique et de cultures syncrétiques.


« Réunion, j’aime ton nom ». Plus qu’un slogan publicitaire, un livre et une chanson : une évidence. Af rmer que cette appellation de l’île, dé nitivement adoptée en 1848 après l’abolition de l’esclavage, découle de la population bigarrée qui y vit serait mentir. Les théories divergent... Mais l’image est belle et riche de sens. Terre de métissages, La Réunion l’est assurément, après 350 années d’histoire et de peuplement pour cette île vierge de tout habitant à sa découverte par les Portugais en 1500 et qui l’est restée jusqu’en 1665 avec l’arrivée des premiers colons français. Puis hommes et femmes de Madagascar, de l’Est de l’Afrique continentale (les « Cafres »), de l’Ouest et du Sud-Est de l’Inde – le Gujarat (« les Zarabes », musulmans) et le Tamil Nadu (« les Malbars », hindouïstes) – ainsi que du Sud de la Chine et bien sûr d’Europe, tous sont arrivés dans l’île au cours de différentes phases de colonisation et de développement économique de l’île.
S’il serait faux de dire que la mixité est totale, le melting-pot parfaitement fondu... une forme de syncrétisme culturel assez unique s’est installée au l des siècles dans cette micro-terre à la croisée de tous les chemins maritimes de cette partie du globe. A La Réunion, c’est la population entière qui célèbre chaque année le Nouvel An chinois et Guandi, le Dipavali indien, l’Eid à la n du ramadan et les fêtes catholiques qui jalonnent le calendrier, Pâques, l’Assomption et Noël en tête. Quelques croyances animistes perdurent par ailleurs, les légendes se murmurent de génération en génération. C’est aussi cela, le sel de la Réunion : en partie polythéiste, foisonnante, sachant allier multiplicité et identité.

LIEUX DE CULTES
La Réunion abrite nombre d’édifices religieux, toutes religions confondues, dont certains sont spectaculaires ou suscitent une ferveur particulière. Petite liste, loin d’être exhaustive...

TEMPLE TAMOULS DU COLOSSE
Globalement, il est très dif cile de visiter les temples hindous, même avec
un guide... Mais leur architecture chamarrée arrête indéniablement
le regard et l’extérieur à lui seul vaut le détour. Vous en verrez partout autour de l’île et beaucoup vers St-André, notamment le temple du Colosse, construit par les engagés indiens au XIXe siècle. Il est dédié à la déesse Pandialé. Des célébrations magnifiques pour l’honorer ont lieu le 2 janvier, qui est donc le meilleur jour pour s’y rendre.
➤ Chemin Colosse, St-André.

Vierge au Parasol et eglise notre dame des laves
Chaque 15 août, des milliers de fidèles se rassemblent pour une gigantesque messe en plein air, au pied de cette vierge abritée, plusieurs fois vandalisée
et initialement installée au Brûlé, près des traces de coulées de lave traversant la route avant Ste-Rose. Aujourd’hui la madonne au parasol, dont la croyance veut qu’elle protège des assauts volcaniques, veille sur l’église de Piton Ste-Rose, miraculeusement épargnée par la lave en 1977.

Mosquée de st-denis
La Réunion compte une quinzaine
de mosquées et à St-Denis s’élève symboliquement la plus vieille de France, construite en 1905 et rapidement suivie par celle de St-Pierre, inaugurée en 1913. De beaux bâtiments en plein centre-ville qui se visitent aisément.
➤ 111, rue du Maréchal Leclerc, St-Denis. Horaires de visites : se renseigner
au 02 62 21 21 73.
43, rue Victor le Vigoureux, St-Pierre. Horaires de visites : se renseigner
au 02 62 25 08 31.

ST-EXPEDIT, L’EXCEPTION REUNIONNAISE

Un véritable phénomène culturel, symbole s’il en est du syncrétisme
à la Réunionnaise, mêlant héritage catholique et croyances indiennes. Vous les verrez au bord de toutes les routes de l’île et même sur les sentiers de rando, ces petits autels de tailles diverses mais toujours rouges où
brûle souvent une bougie, où s’étalent offrandes et ex-voto. St-Expédit est considéré comme un recours ultime, on le prie pour lui demander une faveur concrète à court terme : trouver du travail, invoquer l’amour ou la prospérité. Le culte est secret donc inchiffrable mais assurément massif... Pour se repérer : Vous ne pourrez pas les manquer mais un des St-Expedit peut-être les plus emblématiques se trouve sur la route nationale entre St-Gilles les Bains et l’Ermitage, dans la zone balnéaire de l’Ouest. Le plus secret... Ouvrez l’œil, à vous de nous le dire, on en trouve même dans Mafate, le cirque accessible uniquement à pied ou en hélicoptère !